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Y a-t-il une bulle autour des Fintechs ?

Les Fintechs, créateurs de technologies innovantes destinées à améliorer les activités financières, ont connu un succès fulgurant en un temps record. Acteurs innovants du monde de la finance, ils sont toujours au centre des discussions quant à l’existence d’une bulle spéculative.

Dès les premières levées de fonds, les financements ont en effet atteint des sommes astronomiques, amenant les experts à s’interroger. En 2016, certains justifient ce phénomène par les potentiels indéniables des services financiers innovants développés par les Fintechs qui leur permettent de bien se positionner aussi bien sur le marché BtoC que le marché BtoB. Les autres remettaient en question leur viabilité…

La divergence des opinions des experts dans le secteur

Les avis sont partagés concernant la bulle financière des Fintechs. D’une part, on a les mises en garde concernant leurs mega valorisations, et d’autre part, les fervents défenseurs pointent du doigt les arguments anti-Fintechs.

Sebastien Cromback, le responsable du développement de GoCardless en France, exprimait dans une tribune en 2017 que jusqu’alors, l’hypothèse d’une bulle n’est justifiée par aucun des facteurs internes et externes du marché. Les capitaux-risqueurs, les principales sources de financement dans la Fintech offrent semble-t-il de solides garanties selon lui et préviennent des épisodes douloureux.

Malgré ces opinions divergentes, les levées de fonds ont encore explosé en 2018. Quels sont les bilans ?

Le bilan 2018 jusqu’en juillet

Voyons ce que nous disent les chiffres de la première moitié de 2018.

Au premier trimestre

Au cours du premier trimestre 2018, les investissements dans la Fintech ont fortement diminué, égalant presque ceux de 2013 et 2014. Le KPMG les estimait à 3,2 milliards de dollars, soit un recul de -23%, constaté dans le monde entier. Cependant, cette conjoncture est loin d’être un signe de dégonflement de la bulle car les chiffres du second trimestre explosent les records mondiaux.

Au second trimestre

CB Insights dans son étude communiquée en juillet précise que 20,34 milliards de dollars ont été injectés dans la Fintech pour 383 opérations sur cette période. L’Europe se démarque en levant 852 millions de dollars incluant l’émergence de la néobanque Revolut. Les chiffres les plus marquants : les collectes de 1,4 milliard de dollars de fonds de Paytm auprès de Softbank, de 175 millions de dollars pour iZettle, de 103,6 millions pour Atom Bank et de 101 millions pour Funding Circle. 29 licornes valorisées à 84,4 milliards de dollars dont une majorité de néobanques.

Le bilan de la Fintech en France

Du côté de l’Hexagone, Fintech Ledger et son coffre numérique sécurisé destiné aux portefeuilles cryptomonnaies ont obtenu 61 millions d’euros d’investissement en janvier, le record jusqu’ici. Il est suivi par Lendix et son crowlending, ayant collecté 32 millions d’euros en juin puis Alan et son assurance santé digitalisée levant 23 millions d’euros en avril. Vient ensuite Lydia et son application de paiement obtenant 13 millions d’euros en février et enfin, Lunchr (tickets restaurant dématérialisés) réunissant 11 millions d’euros en mai.

Quoi qu’il en soit, la Fintech devance l’Adtech en termes de levées de fonds pour la fierté du président de France Fintech.

Fintech et Banques traditionnelles

Selon le rapport de KPMG, les banques traditionnelles prennent désormais en considération les fintechs. Bien qu’absentes de la cartographie des risques et opportunités du marché chez Crédit Agricole, elles figurent dans la politique RSE chez BNP Paribas, soulignant toutefois ses partenariats et ses nouvelles acquisition comme Nickel. Les perceptions tendent donc à changer. BNP Paribas, Société Générale, BPCE via Natixis et Barclays ont par exemple contribué à la Fintech Symphony  pour pouvoir bénéficier de technologies innovantes. Bref, le réseau traditionnel fait tout pour coopérer ou et/ou concurrencer les fintechs en investissant du capital, en signant des partenariats, en procédant à des opérations de croissance externe… Les spéculations sur la soi-disant bulle reposent donc tout simplement sur le dynamisme du secteur.

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